19 avril 2009

Le Kojiki - 古事記 - Introduction (1/4)

     Ce « récit des choses anciennes » est la plus ancienne des œuvres littéraires et historiographiques connues du Japon.

     Il est l'aboutissement des recherches et de la compilation du toneri (舎人), c'est à dire le garde, Hieda no Are (稗田之阿乱). À la demande de l'empereur Temmu (天武天皇), il étudia deux récits dont plus anciens dont il ne nous est rien parvenu, le Teiki (帝記) et le Kyûji (旧辞). Le Teiki, rédigé en chinois, comprenait sans doute les chroniques impériales, c'est à dire la liste des empereurs, de leurs palais, de leurs épouses et descendances, les événements notables de leurs règnes, la date de leur mort ainsi que l'emplacement de leur tombe. Le Kyûji, à l'inverse, rapportait en japonais les mythes et les traditions orales de manière romancés. Il étudia également sur place les contes de chaque province, transmises oralement par des conteurs, des ménestrels, les « kataribe » (, 語部 [de kataru  : raconter et de be : tribu]). La tâche de Hieda no Are fut interrompue par la mort de Temmu tennō en 686 après 13 ans de règne. Geimmei  tennō (元明天皇), impératrice de 705 à 715, poursuivit l'œuvre de Temmu  tennō et chargea Ō no Yasumaro (太之安万侶), de mettre en forme les fruits de la recherche de Hieda no Are.  Ō no Yasumaro finit son travail en quatre mois et demi et présenta à l'impératrice la « Chronique des faits anciennes », le Kojiki (古事記), le premier mois de l'an 5 de l'ère Wadō, soit le 28 janvier 712 selon le comput chrétien.

     Le Kojiki ne connu pas un grand succès. On lui préféra le Nihonshoki (日本書紀), les « Chroniques du Japon », remis huit ans après le Kojiki. Beaucoup plus long que le Kojiki, il raconte en trente volumes les mêmes histoires que le Kojiki, en proposant plusieurs versions d'un même conte. Le Nihonshoki est là pour palier aux lacunes du Kojiki, et pour publier un ouvrage d'histoire sur le modèle des histoires dynastiques chinoises. Le Kojiki sera oublié jusqu'à l'époque Edo. La plus ancienne copie connue est celle du Shimpuku-ji (真福寺) datant de 1371, alors que l'on a des copies du  début de l'époque Heian pour le Nihonshoki. les études du Nihonshoki s'étalent donc plus dans le temps. La plus ancienne étude du Kojiki est le Kojiki Uragaki (古事記裏儀) de Urabe Kanefumi () paru en 1273. Il faut attendre la fin du XVIIIème siècle pour que paraisse une étude sérieuse du Kojiki. Motoori Norinaga (本居宣長) est toujours considéré comme le plus grand chercheur sur le Kojiki. Il commence son Kojiki-den (古事記伝) en 1764 et met 34 ans pour écrire les quarante-quatre volumes constituant son œuvre. Cette étude donne pour chaque histoire et légende les différentes versions et pour chaque terme  la façon de le lire et de l'interpréter. Beaucoup d'historiens de l'époque contemporaine, comme Tsuda Sôkochi (津田左右吉) qui réinterpréta le Kojiki avec toutes les méthodes raisonnée de l'histoire contemporaine, ainsi que tant d'autres érudits et scientifiques, se sont attelés à étudier cet ouvrage si singulier de la littérature japonaise.

     En quoi le Kojiki est -il important pour l'étude de la civilisation du Japon ancien ?

     Il sera avant tout question du contenu détaillé du Kojiki, livre par livre, du livre de la cosmogonie, à celui des temps historiques en passant par celui des temps héroïques. La seconde partie portera sur les critiques, bonnes ou mauvaises, à appliquer à cette sources ainsi que sont intérêt historique.

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