Historia Nipponica

04 mai 2009

Fonctions, grades, rangs ecclésiastiques et catégories monacales dans le bouddhisme japonais.

Chôri 長史.

Mot d'origine chinoise, de “ tchang-li ” qui désignait un fonctionnaire administrateur de rang élévé dans le gouvernement départemental.

Au Japon, le terme était réservé au langage de la communauté bouddhique. Le terme signifiait soit un moine patriarche (chôrô 長老) chargé de la direction des affaires générales concernant le monastère, soit la fonction même de ce moine. Ainsi certains grands monastères comme l'Enryaku-ji, l'Onjô-ji, étaient administrés par un chôri.



Sangô 三綱.

Les trois directeurs : les trois fonctions destinées à diriger et administrer les établissements religieux bouddhiques : Jôza (“ doyen d'âge ” 上座), jishu (“ directeur ”, 寺主), tsuina ou yuina (“ surveillant ”, 都維那).

Le doyen est celui des moines le plus vertueux et le plus savant, le directeur assume la charge de l'administration et l'organisation de la vie matérielle, le surveillant contrôle la discipline générale et les activités des moines. Ces fonctions apparurent dès le VIIème siècle au Japon (première mention de jishu dans le Nihonshoki en 645, et la mention de Sangô en 686).

la position du Sangô diminua quand les intendants monastiques furent créés (bettô, ). De plus, quand les surnuméraires furent nommés, le nombre des membre des Sangô augmenta et corrélativement leur prestige et leur rôle diminua.



Sôgô 僧綱.

Dignitaires ecclésiastiques. Sôgô, littéralement, la règle des moines, c'est à dire ceux qui sont chargés de maintenir la règle monastique. Ces dignitaires sont chargés de contrôler les établissements bouddhiques, à la fois la gestion économique et la règle monastique. Ceux-ci sont également chargés de communiquer avec l'administration centrale.

Au VIIème siècle, il y eut quelques nominations de dignitaire : en 624, le moine coréen Kanroku () fut nommé sôjô (), “ recteur monacal ” et au même moment un sôzu (僧都), “ préfet monacal ” est désigné.

A partir de la 12ème année du règne de Temmu Tennô, seuls des moines purent être investis de fonctions ecclésiastiques.

Les trois grades de 683 sont du plus élevé au plus bas, sôjô “ recteur monacal ”, sôzu “ préfet monacal ” et risshi (律師) “ maître en discipline ”.

Apparaitront des qualificatifs de “ majeur ” et de “ mineur ” pour chacun des postes. Au IXème, des surnuméraires (gon, ) furent créés pour tous les grades. De sept environ au début du IXème, ils seront plus de vingt  début XIème siècle.

Ces dignitaires nommés par la Cour doivent surveiller le clergé et transmettre les propositions de nomination. Leur fonction n'est pas liée à l'administration d' ”un temple en particulier, même si à l'époque Heian, la plupart des dignitaires étaient à la tête d'un temple de première importance.

Leur rôle en tant que collège de moine formant un rouage de l'État, chargé du contrôle des affaires bouddhiques, s'est estompé dès le XIème siècle, le grade devenant de plus en plus honorifique.



Sôjô 僧正

Recteur monacal, premier grade de la hiérarchie des dignitaires ecclésiastiques, chargé de rectifier ce qui n'est pas correct.

En 745, est créé le grade de recteur majeur (大僧正) dont le premier bénéficiaire est Gyôki (行基). Ce grade de recteur majeur ne fut jamais concédé qu'à une personne à la fois, à la différence des grades de “ recteur monacal mineur ” et de “ recteur monacal surnuméraire ” (gon no sôjô, 権の僧正), créé au IXème.

En 864, des rangs sont crées pour correspondre aux grades ecclésiastiques. Le recteur monacal devient le Hôin daikashô (“Grand révérend, Sceau de la Loi bouddhique”, 法印大和尚), le garant d'une transmission correcte.



Sôzu 僧都.

Préfet monacal, sôzu dans le sens de contrôle des moines. Grade intermédiaire entre le sôjô et le risshi (律師). S'écrit aussi 僧頭. Grade créé en 624 en même temps que celui de sôjô.

Au VIIème siècle, il y eut certainement d'autres nominations et la distinction entre grades majeur et mineur existait déjà. Au IXème siècle, des surnuméraires majeurs et mineurs apparaissent. Les préfets furent dotés du rang de Hôgen kashô (“ Révérend, Oeil de la Loi bouddhique ”, 法眠和尚).

Le règlement de l'ère Engi (Engishiki, 延喜式) assimile les préfets monacaux à des fonctionnaires du cinquième rang supérieur. Ils ont droit à une suite de novice (shami, 沙弥) et de jeunes garçons (dôji, 童子).



Risshi 律師.

Maître en discipline. Une des trois fonctions des dignitaires ecclésiastiques.

Dans la période ancienne, il désigne les moines ayant de grandes compétences dans le domaine des préceptes (kairitsu, 戒律).

A l'époque Nara, on distingue déjà les maîtres en discipline majeurs, mineurs et intermédiaires, qui disparaîtront à l'époque Heian, mais seront cependant remplacés en 826 par des risshi surnuméraires (gon no risshi, 権の律師). Les risshi passèrent donc de un au début puis à 6 en 786 et à 14 en 1086.

les gon no risshi seront 2 en 826, devinrent huit dès 864 puis treize en 987 et vingt en 1141.

Dentô dai-hôshi-i 伝灯大法師位.

Forme la plus élevée dans la hiérarchie des rangs ecclésiastiques (soi, 僧位), pour les moines cultivés et reconnus pour leur immense sagesse, science et vertu.

Cette hiérarchie est constituée en 760 (Tempyô Hôji, 天平宝字, 4), comprenant cinq rangs qui moins au plus élevé étaient :

  • le rang “ initial ” (dentô ju-i, 伝灯入位).

  • le rang “ station ” (dentô jû-i, 伝灯住位).

  • le rang “ complétion ” (dentô man-i, 伝灯満位).

  • le rang “ Maitre de la loi ” (dentô hôshi-i, 伝灯法師位).

  • le rang “ Grand maitre de la loi ” (dentô dai-hôshi-i,  伝灯大法師位).

Sous Kammu (784-806), un rang de plus est créé, “ absence de rang ” (dentô mu-i,伝灯無位), adjoint du dentô ju-i.

Ces rangs correspondent au rangs civils : le dentô dai hôshi-i est ainsi du 3ème rang, le dentô hôshi-i est du 4ème, etc... .

quand en 864 (Jôgan, 6), la hiérarchie des trois rangs ecclésiastiques, [“ Saint Pont de la Loi ” (Hokke shônin-i, 法橋上人位), de “ Maître, Oeil de le Loi ” (Hôgen wajô-i, 法眠和尚位) et de “ Grand Maître, Sceau de la Loi ” (Hôin dai-wajô-i, 法印大和尚位), par ordre croissant], fut placé au dessus de la première hiérarchie, cette dernière tomba en désuétude.


Soi 僧位.

Rangs accordés aux moines distingués par leur science, et/ou leur mérite. Il existait dès le VIIème et VIIIème siècle des “ ,shi-i ” ()mais pas au sein d'un système organisé comme le clergé bouddhique.

En 760, Ryoben, grand préfet monacal, demanda la création de rang pour le clergé, pour motif que du temps de la “ doctrine contrefaite ” (zôkyô, ), les moines devenaient négligeant et qu'il était nécessaire de motiver leur zèle par des récompenses. Ainsi furent proposés quatre rangs et treize échelons (les dentô).

Au IXème siècle, seuls les hôshi-i et les dai-hôshi-i semblent être encore concédés, mais l'étaient aussi bien à des dignitaires ecclésiastiques (sôgô) qu'à de simples moines savant ou très âgés.

En 864, les sôgô mécontent du système demandèrent une hiérarchie de rang réservée à eux seuls. Il y eut alors la création des trois rangs de l'ère Jôgan (Saint Pont de la Loi, Maître Oeil de la Loi, Grand Maitre Sceau de la Loi) pour respectivement le risshi, le sôzu et le sôjô. Mais des le XIème, les rangs surtout celui de Saint Pont de la Loi, semble être conférés à des moines non sôgô. On observe une banalisation des rangs, à tel point qu'ils furent parfois données à des tailleurs d'images bouddhiques (busshi, 仏師) ou à des peintres d'images bouddhiques (ebusshi, 絵仏師).



Dokushi 読師.

Moine chargé de la récitation des textes bouddhiques sur une estrade aménagée à cet effet où il fait vis à vis avec un autre moine qui, lui, lui commente (kôji, 講師) au cours de cérémonies (hoe, 法会).

Deuxième en importance après le kôji, parmi le groupe de sept moines (shichisô, ) chargés d'officier dans les dites cérémonies, choisi pour sa science et sa vertu. Avec la mise en place dès 741, de temple officiels de province (kokubun-ji, 国分寺), le gouvernement décida d(y envoyer, régulièrement à partir de 795, un kôji accompagné 'un dokushi, avec pour mission de les gérer. Le dokushi était nommé par le ministère des affaires suprêmes (Dajô kan, ) pour six ans et envoyés depuis la capitale. Ces dokushi là était à l'origine des moines des écoles bouddhiques de Nara, puis des écoles Tendai et Shingon uniquement à partir de 881.



Tandai 探題.

Dans l'époque ancienne, moine examinateur chargé de composer les sujets d'examens pour les moines aspirants aux grades ecclésiastiques. Il s'agissait de les faire disserter sur des problèmes relatifs aux textes classiques bouddhiques. Les Tandai en tant qu'examinateur, devait critiquer les résultats de l'argumentation.



Ajari 阿闍梨.

Se traduit par les divers sens de maître modèle (kihanshi, 師範軌), de conduite (shôgyô, 正行), le maître (kyôju, 教授), etc... Cela désigne celui qui enseigne les disciplines, corrige la conduite, qui est digne d'être leur modèle. Au japon, cela fait référence à tout bonze de haute vertu, et devint également un rang chez les bonzes. S'ajoutent d'autres dénomination en fonction de leur service, enseignement, de leur fonction, etc...



Dôshu 堂衆 ou dôshû.

Terme désignant un moine préposé à la garde d'un dô () , c'est à dire une “ chapelle ”, où se déroule le culte, ou “ pavillon ” de prédication, chargé des affaires religieuses courantes, de la routine cultuelle ou des besognes matérielles. Ce terme s'applique à des moines de catégorie inférieure résident dans un monastère par opposition au religieux proprement dit (gakuryo, 学侶) et d'autre part les semi-religieux (shuto, 衆徒) et aux laïcs (kokumin, 国民) employés sur les domaines (shoen, ) d'un temple. Ces moines peuvent être attachés à un dô et appelé également “ dôsô ” ().

Ils ont peut-être fait leur apparition vers le milieu de l'époque Heian. Les dôshu sont souvent issus des couches les plus basses de la population résident sur les shoen des temples. Ils ont constitués, à partir de la fin de l'époque Heian, quand les temples commencèrent à belligérer, le gros de la gent armée (sôhei, 僧兵) mobilisable de ceux-ci. Militairement fort, les dôshu commencèrent à disputer le pouvoir aux gakuryo souvent originaires de la noblesse et capable de leur résister.

Durant la guerre de Gempei, les deux partis s'affrontèrent avec virulence, notamment à l'Enryaku-ji, ce qui eut pour conséquence des répercussions politiques fortes.

Les dôshu, occupés aux basses besognes antérieurement, sont devenus de puissants moines guerriers (samurai hôshi, 法師).

« Les dôshu sont ou bien des jeunes domestiques qui étaient au service des gakushô (=gakuryo) et qui sont devenus moines (hôshi, 法師), ou bien des moines inférieurs (chûgen hôshi, 中間法師). Depuis l'époque où le recteur monacal Kakujin (僧正) qui habitait le Kongôju-in (金剛寿院), il dirigeait le monastère [de l'Enryaku-ji] comme [35ème] supérieur (zasu, 座主), ils prenaient tour à tour le service de garde au trois stûpa; on les appelait des « moines assemblés pour la retraite d'été » (geshu, 夏衆); ils faisaient des offrandes de fleurs au Bouddha. Dans ces derniers temps, ils ont, en leur qualité de moine (gyônin, 行人), usé du prestige de Sammon pour quémander le riz des offrandes, ou des choses rares. Ils forcent la main [des donateurs] en se prévalent de nom imposants et dépassant toutes les limites permises. Ils ignorent la communauté; contrairement aux ordres supérieurs ».

Gempei seisuiki 源平盛衰記 (2ème moitié du XIIème siècle).

Gakuryo 学侶 (mont Hiei : gakushô, 学生).

Désigne ceux qui dans une communauté monastique, se consacrent à l'étude de la dogmatique, par opposition à ceux qui s'occupent des rites et des affaires religieuses courantes, appelés dôshu.

Au mont Koya 高野山 la communauté de moine était divisées en trois factions (kata, ) : les gakushô, les gyônin (=dôshu), et les hijiri (litt. ermites, ). La rivalité entre gakuryo et dôshu y fut beaucoup plus forte n'importe où ailleurs. La formation des gakuryo au Koya-san remonte à 1130 (Daiji, 大治, 5), lorsqu'il y fut installé 36 gakuryo et un recteur (gakutô, ) à leur tête.



Gyônin 行人.

Sorte de convers dont la fonction et semble avoir été créée en 1130, portant à l'origine des noms divers tels que jôji, geshu (夏衆), hanatsunami (花摘). ce sont des moines de bas rangs servant les gakuryo et s'acquittant de diverses tâches : offrandes de fleurs au Bouddha, ouverture et fermeture de portes, etc... . Leur fonction s'étendit bientôt à la trésorerie, l'administration et l'entretien du monastère et de son domaine.

Une scission dans leur groupe permit la création des hijiri, « saints ».

les gyônin, eux, se répartirent en six classes principales : dai-hôshi (大法印), nyûji (入寺), kujû (久住), yamagomori (山籠), hombustsu (本仏), et shôi (正位). parmi eux nombreux étaient les ascètes pratiquant le shûgendô.

Plus leur pouvoir augmentait plus leur caractère de moine guerrier s'affirmait, dès la fin de l'époque Heian, utilisant la force dans les affaires les opposant aux autres moines.



Zaike 在家.

Littéralement, celui « résidant dans sa famille [maison] », laïc.

Dans le bouddhisme, désigne celui qui a pris refuge, kie (帰依) dans la loi du Bouddha tout en restant dans sa famille et conservant ses obligations sociales. Dans cette acceptation, il répond à shukke (littéralement « sorti de sa maison », moine, 出家).



Hijiri .

Désigne un moine de haute vertu. Désigne dès le milieu de l'époque Heian, un moine rattaché à un ermitage (comme le shônin), s'adonnant à des pratiques (gangyô, ) au plus profond des montagnes, ainsi que des ascètes en pérégrination, séparés des sectes et écoles constituées.

PDF :

Historia_Nipponica_Fonctions__grades___rangs_eccl_siastiques_et_cat_gories_monacales_dans_le_bouddhisme_japonais_040509

Bibliographie:

  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Chôri", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Sangô", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Sôgô", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Sôjô", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Sôzu", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Risshi", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Sôi", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Dokushi", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Tandai", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Ajari", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Dôshu", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Gakuryo", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Gyônin", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Zaike", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.
  • Maison franco-japonaise, Dictionnaire historique du Japon, article "Hijiri", Maisonneuve et Larose, 1962-1994.

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19 avril 2009

Le Kojiki - 古事記 - Introduction (1/4)

     Ce « récit des choses anciennes » est la plus ancienne des œuvres littéraires et historiographiques connues du Japon.

     Il est l'aboutissement des recherches et de la compilation du toneri (舎人), c'est à dire le garde, Hieda no Are (稗田之阿乱). À la demande de l'empereur Temmu (天武天皇), il étudia deux récits dont plus anciens dont il ne nous est rien parvenu, le Teiki (帝記) et le Kyûji (旧辞). Le Teiki, rédigé en chinois, comprenait sans doute les chroniques impériales, c'est à dire la liste des empereurs, de leurs palais, de leurs épouses et descendances, les événements notables de leurs règnes, la date de leur mort ainsi que l'emplacement de leur tombe. Le Kyûji, à l'inverse, rapportait en japonais les mythes et les traditions orales de manière romancés. Il étudia également sur place les contes de chaque province, transmises oralement par des conteurs, des ménestrels, les « kataribe » (, 語部 [de kataru  : raconter et de be : tribu]). La tâche de Hieda no Are fut interrompue par la mort de Temmu tennō en 686 après 13 ans de règne. Geimmei  tennō (元明天皇), impératrice de 705 à 715, poursuivit l'œuvre de Temmu  tennō et chargea Ō no Yasumaro (太之安万侶), de mettre en forme les fruits de la recherche de Hieda no Are.  Ō no Yasumaro finit son travail en quatre mois et demi et présenta à l'impératrice la « Chronique des faits anciennes », le Kojiki (古事記), le premier mois de l'an 5 de l'ère Wadō, soit le 28 janvier 712 selon le comput chrétien.

     Le Kojiki ne connu pas un grand succès. On lui préféra le Nihonshoki (日本書紀), les « Chroniques du Japon », remis huit ans après le Kojiki. Beaucoup plus long que le Kojiki, il raconte en trente volumes les mêmes histoires que le Kojiki, en proposant plusieurs versions d'un même conte. Le Nihonshoki est là pour palier aux lacunes du Kojiki, et pour publier un ouvrage d'histoire sur le modèle des histoires dynastiques chinoises. Le Kojiki sera oublié jusqu'à l'époque Edo. La plus ancienne copie connue est celle du Shimpuku-ji (真福寺) datant de 1371, alors que l'on a des copies du  début de l'époque Heian pour le Nihonshoki. les études du Nihonshoki s'étalent donc plus dans le temps. La plus ancienne étude du Kojiki est le Kojiki Uragaki (古事記裏儀) de Urabe Kanefumi () paru en 1273. Il faut attendre la fin du XVIIIème siècle pour que paraisse une étude sérieuse du Kojiki. Motoori Norinaga (本居宣長) est toujours considéré comme le plus grand chercheur sur le Kojiki. Il commence son Kojiki-den (古事記伝) en 1764 et met 34 ans pour écrire les quarante-quatre volumes constituant son œuvre. Cette étude donne pour chaque histoire et légende les différentes versions et pour chaque terme  la façon de le lire et de l'interpréter. Beaucoup d'historiens de l'époque contemporaine, comme Tsuda Sôkochi (津田左右吉) qui réinterpréta le Kojiki avec toutes les méthodes raisonnée de l'histoire contemporaine, ainsi que tant d'autres érudits et scientifiques, se sont attelés à étudier cet ouvrage si singulier de la littérature japonaise.

     En quoi le Kojiki est -il important pour l'étude de la civilisation du Japon ancien ?

     Il sera avant tout question du contenu détaillé du Kojiki, livre par livre, du livre de la cosmogonie, à celui des temps historiques en passant par celui des temps héroïques. La seconde partie portera sur les critiques, bonnes ou mauvaises, à appliquer à cette sources ainsi que sont intérêt historique.

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06 février 2009

Japon éléments de géographie.

     Parce que l'histoire ne peut être appréhendée sans l'étude de la géographie du lieu de l'action, voici un article sur le territoire du Japon, sa géographie physique. suivra un article sur la géographie humaine du Japon, avec une perspective historique, sinon depuis l'époque contemporaine.

carte_g_o_physique_Japon_Cor_e
Carte I - Géographie physique du Japon, géoportail.

     Arc insulaire, le Japon est constitué de 4 000 îles environs, dont 4 dominent, couvrant 95% du territoire à elles seules, soit 378 000 km². Hokkaidô, l'île la plus septentrionale (vers le nord jusqu'au 20ème parallèle nord), représente 79 000 km² . Kyûshû, l'île la plus méridionale (vers le Sud, jusqu'au 46ème parallèle nord), mesure 36 000 km². Shikoku, la plus petite de ces îles, mesure 18 000 km², tandis que l'imposante île principale de Honshû mesure 227 000 km².

 

     Véritable chaine de montagne dans la mer, le Japon est couvert à 71% de montagne, ne laissant que 25% pour les plaines (hautes et basses à parts égales). un cinquième du territoire seulement est habitable soit 80 500 km² et la grande plaine du Kantô (région de Tôkyô) ne dépasse pas les 15 000 km². Si l'Archipel est si montagneux, c'est qu'il a subit un volcanisme actif ou récent. le Fuji-san (富士山), l'emblématique sommet du Japon de 3776 m est un volcan conoïde dont la dernière éruption eut lieu en 1709 et qui depius sommeille. Outre le mont Fuji, la partie centrale du Honshû est traversée de trois chaines de montagnes (les monts Hida, Kiso et Akaishi), appelées "Alpes japonaises" dont les sommets ne dépasse pas 3000 m. Mises à part ces chaines de montagnes, les sommets de plus de 2000 m sont rare. Cependant leurs flancs sont très abruptes, excepté pour quelques vieux massifs montagneux, comme celui du Chûgoku (中国, à l'extrémité ouest du Honshû).

 

     De part son étirement du 20ème au 46ème parallèle nord, le Japon bénéficie d'une grande variété de climats. des climats tranchés qui se voient depuis l'archipel des Ryûkyû au climat subtropical, à l'île d'Hokkaidô au climat tempéré froid. le Japon, archipel, vois ses 33 000 km de littoral parcouru par des courants marins chauds ou froids qui adoucissent ou réchauffent les effets du climat (cf Carte - II Relief et Climat).

 

     Le climat japonais est caractérisé par l'alternance saisonnière des vents. en Hiver des vents froids sibériens ammène sur le versant japonais de la mer du Japon, le Japon de l'Envers (Ura Nihon, 裏日本), d'importantes chutes de neige. Au même moment, par la barrière formée par les chaines montagneuses, le Japon de la côte pacifique, le Japon de l'Endroit (Omote Nihon, 表日本), passe des hivers secs et ensoleillés. A l'inverse à la fin du printemps, les masses d'air tropicales maritimes provoquent en montant vers le nord d'abondantes pluies de mousson (baiu, ) sur Tôkyô à la fin de juin et au début de juillet. quand ces masses d'air redescendent à la fin de l'été, elles provoquent un recrudescence des pluies. La région du Kantô subit donc des saisons contrastées, avec des pluies abondantes mais concentrées, avec des températures estivales élevées (26,7° à Tôkyô en août).

Bibliographie :

  • BERQUE, Augustin, "Un archipel montagneux aux multiples climats", in SABOURET, Jean-François (ss. la dir.), Japon, peuple et civilisation, La Découverte, Paris, 2004.
  • BERQUE, Augustin, "Une nature violente", in SABOURET, Jean-François (ss. la dir.), Japon, peuple et civilisation, La Découverte, Paris, 2004.

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